✏️ Article — Pause estivale
L’été est là.
Les huppes sont revenues d’Afrique. Les tilleuls fleurissent. Les lauriers rouges débordent des jardins et animent les routes. Les papillons se posent là où ils veulent, sur une épaule nue, sur une table encore chaude du soleil, près d’un verre que l’on boit lentement tandis que le jour commence à descendre.
C’est la saison du dehors.
Celle des conversations qui s’étirent. Des genoux qui se frôlent. Des mollets bronzés aperçus au détour d’un chemin ou d’une terrasse. Celle des soirées qui semblent ne rien attendre et qui pourtant contiennent parfois davantage de vie qu’un hiver entier.
Alors il est peut-être temps pour moi de faire une pause.
Les pauses ont toujours été compliquées. Je ne sais jamais si j’en ai réellement envie. Je ne sais jamais si j’en suis vraiment capable.
J’aime raconter que l’écriture a besoin de se nourrir de la vie.
Mais si je suis honnête, c’est souvent l’inverse qui s’est produit.
Depuis toujours, c’est l’écriture qui a nourri ma vie.
C’est là que j’ai compris. Là que j’ai accepté. Là que j’ai réparé, brodé, compensé parfois. Là que j’ai trouvé de quoi tenir lorsque tenir devenait difficile.
Un lieu discret, en fait, qui rendait la vie possible.
Alors partir quelques semaines sans elle me fait parfois penser à ces patients dont le thérapeute annonce ses vacances.
On sourit. On comprend très bien que c’est légitime.
Et puis quelque chose serre légèrement la gorge.
On se dit qu’il va falloir tenir.
Qu’on y arrivera.
Ce sera vite passé.
C’est un peu ce qui se passe aujourd’hui.
L’écriture demande une pause estivale.
Je vais essayer de la lui accorder.
Bon été à tous.

