✉️ — Fragment — Le veilleur de l’eau 1.20
Jean le regarda s’éloigner sans un mot.
Jusqu’au dernier instant, il se dit qu’il était encore temps de le rattraper, de le garder pour lui. Puis la silhouette de Mathieu s’effaça.
Le père demeura longtemps immobile, avant de se diriger instinctivement vers le baptistère.
Dans le petit matin, le ruissellement de l’eau contre la roche était limpide. Jean contempla la vasque.
Il dit, dans un pleur retenu :
— Il était là. Toi, tu savais qu’il me restait à vivre un tel moment. Après m’avoir fait naître, tu m’as donné un fils. Mais tu sais que je n’ai rien à partager. Je suis celui qui est parti. Lui, je veux qu’il ait le choix de rester.
Garde-le. Oublie-moi s’il le faut, mais garde-le.

