✏️ Article — Les premiers Satsang Live
Quelques textes courts pour présenter l’enseignement qui les accompagnera.
Ces derniers jours, en préparant les premiers Satsang Live, quelque chose est devenu plus clair.
Je pensais devoir transmettre un enseignement.
Je découvre que je souhaite simplement accompagner une question.
La question : « Qui suis-je ? »
Je n’ai plus envie d’ajouter des concepts à ceux qui en cherchent déjà beaucoup.
Au contraire, j’ai l’impression que mon chemin m’a conduit vers une parole plus simple.
Je ne me raconte plus le mental.
Je me sais pensant.
Je ne cherche plus à dépasser l’individu.
Je découvre qu’il est l’expression située de ce que je suis profondément.
Les courts textes qui suivent ne constituent pas un enseignement.
Ils témoignent simplement de l’endroit d’où je parle aujourd’hui.
Ils seront probablement le point de départ des premiers Satsang Live.
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Je ne m’adresse pas à tout le monde.
Il existe des vies où le personnage est heureux, où il trouve naturellement sa place. Je n’ai rien à leur apprendre.
Je m’adresse à ceux qui, un jour, découvrent les limites de ce qu’ils croyaient être.
Parfois, cette découverte prend la forme d’une souffrance. Parfois d’une perte, d’un échec, d’une séparation. Parfois d’un simple sentiment que quelque chose ne peut plus continuer ainsi.
C’est à cet endroit que la question « Qui suis-je ? » devient vivante.
Non comme une curiosité philosophique.
Comme une nécessité.
Je ne cherche pas à convaincre quiconque de s’engager dans cette recherche. Lorsqu’elle devient nécessaire, elle se présente d’elle-même.
Les textes que j’ai écrits sur les captations parlent de ces moments où une certaine manière de nous penser finit par nous enfermer.
À force de nous y identifier, nous finissons par croire que ce qu’elle annonce de nous est vrai.
Pourtant, il est possible de découvrir qu’il n’en est rien.
C’est à cette invitation que je souhaite consacrer ces rencontres.
Non pour transmettre une doctrine.
Simplement pour accompagner, lorsqu’elle devient inévitable, la question :
« Qui suis-je ? »
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La question « Qui suis-je ? » est singulière.
Elle n’appelle pas une réponse supplémentaire.
Au contraire, elle apparaît précisément là où l’esprit cherche encore une réponse.
Elle interrompt ce mouvement.
Elle ramène à la seule chose qui ne puisse devenir un objet : la présence, ici et maintenant.
La réponse n’appartient pas au monde des réponses.
Elle n’est pas un savoir de plus.
Elle est une manière de demeurer avant l’identification.
Il n’y a pas d’idée sans quelqu’un pour la penser, la croire ou la défendre.
Le même qui croit à une certaine définition de lui-même.
La question « Qui suis-je ? » ne cherche pas à répondre à cette définition.
Elle suspend, un instant, le mouvement qui consiste à s’y identifier.
Elle nous invite à demeurer là, avant que le « je » ne se réduise à ce qu’il pense de lui-même.
C’est dans cet espace que la libération devient possible.
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Je ne peux m’exprimer qu’ici.
Je ne peux parler qu’avec cette voix, depuis ce corps, au nom de cette expérience.
Il ne pourrait en être autrement.
Toute expression est nécessairement située.
C’est même ce qui en fait une expression.
Je découvre que je suis l’expression située de ma profondeur.
Mais ma profondeur n’est pas une expression.
Elle est avant le verbe, tout autant que le verbe lui-même.
Elle est avant moi-même, tout autant que moi-même.
Je parle depuis cet individu.
Et cela me paraît parfaitement juste.
Partout est ici.
Je peux reconnaître chez chacun cette même profondeur, tout en sachant que chacun ne peut l’exprimer que depuis la place singulière qui est la sienne.
Et c’est précisément cette singularité qui rend chaque expression irremplaçable.
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Pendant longtemps, j’ai parlé du mental.
Aujourd’hui, je ne me raconte plus le mental.
Je me sais pensant.
Si je parle encore de « pensées », c’est parce que ce mot est compris de tous. Mais dans l’expérience, je ne rencontre pas une chose appelée « le mental ».
Je me sais pensant.
Et je découvre que toute pensée est située. Elle est toujours la pensée de quelqu’un. Même lorsqu’elle semble parler du monde, elle parle depuis celui qui pense.
À partir de là, je ne cherche plus à calmer le mental.
Je regarde simplement ce qui est cru.
Une façon de penser est-elle devenue une certitude ?
Une manière de voir est-elle devenue une identité ?
Alors la question « Qui suis-je ? » retrouve toute sa force.
Non pour faire disparaître le « je ».
Mais pour découvrir ce qu’il est avant tout ce qu’il croit être.

