Lionel Massa — Carnet public
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đŸŽ™ïž Podcast — Vendredi 20 fĂ©vrier 2026 : RĂ©flexions sur le deuil — Porter le deuil
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đŸŽ™ïž Podcast — Vendredi 20 fĂ©vrier 2026 : RĂ©flexions sur le deuil — Porter le deuil

Immortels, mortels


Porter le deuil n’est pas seulement traverser la perte d’un ĂȘtre, d’une relation ou d’une situation.

C’est vivre dans la conscience que toute expĂ©rience se donne
 et se retire.

La subjectivité est le lieu de cette expérience.

Elle n’est pas un enfermement.

Elle est un passage.

C’est le lieu mĂȘme oĂč quelque chose peut revenir Ă  soi.

Chaque instant porte une absence.

Ce qui vient remplace ce qui était.

Ce qui apparaßt efface ce qui précédait.

Porter le deuil, c’est vivre au contact de cette vĂ©ritĂ© simple et vertigineuse :

tout change, tout passe, et rien ne peut ĂȘtre retenu.

Mais ce n’est pas seulement une perte.

C’est aussi une dĂ©couverte.

La dĂ©couverte d’ĂȘtre Ă  la fois le lieu oĂč les choses passent


et ce qui demeure Ă  travers leur passage.

Le deuil n’est pas seulement liĂ© Ă  des Ă©vĂ©nements prĂ©cis.

Il ne concerne pas uniquement la disparition d’un ĂȘtre cher.

Il accompagne le mouvement mĂȘme de l’existence.

Bien sûr, dans la vie humaine, il existe des étapes de deuil liées à certaines pertes.

Ces étapes sont souvent mystérieuses, non linéaires, difficiles à saisir.

Mais porter le deuil va au-delĂ  de ces processus ponctuels.

C’est reconnaütre que chaque instant est suivi de ce qui l’a rendu possible.

Que toute apparition contient déjà sa disparition.

Porter le deuil n’est pas mortifùre.

Ce n’est pas vivre dans la fixation sur ce qui finit.

Ce n’est pas se rappeler sans cesse la perte.

C’est, au contraire, une forme de cĂ©lĂ©bration.

La reconnaissance que, malgré ce qui passe


nous sommes encore lĂ .

C’est un point d’émerveillement au milieu du flux du temps.

C’est accepter, avec une humilitĂ© profonde, que nous serons un jour nous aussi ce qui passe.

Comme ceux qui nous ont précédés.

Comme ceux qui viendront aprĂšs nous.

Nous sommes les uns pour les autres ce qui apparaüt
 et ce qui s’efface.

Ce mystĂšre est Ă  la fois vertigineux et miraculeux.

Porter le deuil, c’est habiter ce point d’équilibre ineffable.

Être Ă  la fois Ă©lu Ă  l’existence


et promis Ă  sa fin.

C’est un trîne vertigineux.

Immortels, mortels


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